- Connaissez-vous Aslan ? -
Dernière mise à jour : 7 sept. 2021

Dans le monde de Narnia au premier livre, lors de la création de ce monde merveilleux, un passage m’amuse beaucoup par sa justesse. Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le livre ne commence pas par "Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique" mais raconte la naissance de Narnia observé par Digory et Nellie, les premiers héros de cette histoire. Je ne vais pas m’attarder sur cette métaphore mais il est clair pour moi qu’on y voit ici sous différents indices "Adam et Eve".
Lors de leurs venues dans le monde de Narnia, ils emmenèrent accidentellement un cocher et son cheval, qui encore pris dans l'élan créationnel du lion se voit procurer le don de pouvoir parler, et semble-t-il doté d’une nouvelle mémoire. Cette scène en plus du reste est assez drôle. Laissez-moi vous la citer :
“[…] le cocher essayait d’attirer l’attention de son cheval.
Alors, mon bon vieux Fraise, disait-il, tu me reconnais ? Tu ne vas quand même pas rester ici et faire comme si tu ne me connaissais pas ?
De quoi cette créature parle-t-elle, cheval? demandèrent plusieurs voix.
A vrai dire, je ne sais pas, répondit Fraise avec prudence, j’ai bien peur de ne pas encore connaître assez bien notre nouvel environnement. Cela dit, j’ai l’impression d’avoir déjà vu quelque chose qui lui ressemblait. J’ai même le sentiment d’avoir vécu ailleurs, ou d’avoir été autre chose, avant qu’ Aslan ne nous réveille. Seulement tout est brouillé, comme dans un rêve où il y aurait des créatures de la même espèce que ces trois-là. [il parle de Digory, Nellie et du cocher]
Quoi? S’écria le cocher. Tu ne me reconnais pas ? Moi qui t’apportais de la bouillie chaude le soir quand tu étais épuisé. Moi qui te bouchonnais avec amour. Moi qui n’oubliais jamais de te couvrir quand il fallait que tu attendes dehors en plein froid. Tu me déçois, Fraise […] ”
Plongé dans ce nouveau monde, le cheval peine à se rappeler de son ancien maître. Mais plus loin la situation se répète dans un tout autre sens, surprenant et intrigant:
“ […]
Mon fils, dit Aslan au cocher, je te connais depuis longtemps. Me reconnais-tu?
Euh, non, non, monsieur, répondit-il. En tous cas, pas au sens ordinaire. Cela dit, j’ai l’impression, si je puis me permettre, que nous nous sommes déjà rencontrés.
C’est bien, dit le Lion. Tu en sais plus que tu ne le penses, et tu vivras afin d’apprendre à me connaître.
[…] ”

Comme je trouve cela drôle (j’en ai vraiment rit, lors de ma première lecture), Aslan qui renvoie la balle au cocher. Si vous connaissez Clive Staples Lewis, alias C.S Lewis, vous savez qu’il était chrétien. Faire la comparaison d’Aslan dans son œuvre et de la figure de Dieu n’est donc pas tant une apologie car c’est une position qu’il défendait lui-même. La subtilité ici, même si elle n’est pas très grande, est présente.
Lewis met dans son œuvre en perspective notre propre spiritualité avec cette logique.
Le cheval, Fraise, dans la continuité de l'œuvre devrait en toute logique pouvoir se rappeler de son maître qui a pris soin de lui, même si ce dernier se rappelle tout de même et met à mal la bienveillance de son maître, ici le cocher devrait de la même façon se souvenir de son créateur et maître. Ce qu’il finit par faire et en est béni.
Dans sa “défense” le cocher décrit toutes les attentions et la bienveillance qu’il a portées à son cheval bien aimé. Il en est de même de Dieu, nous ne remarquons ou ne nous souvenons pas spontanément de toutes les attentions qu’il nous portent de manière parfaite. En entrant dans cette vie nous avons oublié d'où nous venons.
Je terminerai avec cette phrase d’Aslan: “Tu en sais plus que tu ne le penses …”
Si vous souhaitez allez plus loin: http://blog.clcfrance.com/les-chroniques-de-narnia/



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