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Freak Out, Un film Belgo-Italien impressionnant ?

Si vous appréciez les films tels que les X-men et autres films super-héroïques, vous avez de fortes chances d'apprécier ce dernier.


C'est un film de Gabriele Mainetti, qui a notamment réalisé "On l'appelle Jeeg Robot", un autre film de super-héros moderne. Un film bien de chez nous donc, de notre côté de l'Atlantique.


"Freak out" est l'histoire d'une petite troupe de cirque de 5 personnes aux facultés extraordinaires

qui se représente dans un cirque durant la seconde guerre mondiale dans une Italie en pleine occupation fasciste. Le groupe prépare leur départ pour l'Amérique, terre promise, mais ils sont stoppés par la rafle des juifs par les nazis qui emporte Israël, metteur en scène et figure paternelle du groupe. Privés de foyer et de protection, dans une société où ils n’ont plus leur place, les quatre « Freaks » vont tenter de survivre…

Analyse personnelle du film :

- Attention spoiler -


La façon dont le sujet est traité, n'est pas habituelle, nettement plus humain, plus proche de nous et plus éloigné de la vision super héroïque qu'a l'habitude de nous servir par les studios d'Hollywood.

Il ne s'agit pas vraiment d'in film de super-héros, mais plutôt de personnages fragiles.

Composé de 4 membres principaux, tous sont instables à leur façon, n'étant pas au maximum de leurs capacités sur la durée du récit, c'est à la fin qu'ils le dévoilent naturellement dans une magnifique résolution, démontrant leurs dévouements, à leurs valeurs. Le défi de taille dévoile ainsi leur nature profonde à vouloir faire le bien au mieux, au pire, de protéger les innocents.


L'action se situe en Italie, dans des décors ruraux de Rome. Le titre à l'intelligence de faire éco aux "freak show", faisant appel aux monstres de foires, un sous texte du genre super-héroïque. Faisant ainsi appel aux grandes heures du cinéma, pas sans nous rappeler le magnifique "Freak" de 1932.


Une des originalités a noter, est les visions de l'antagoniste (Franz) via l'Ether qui lui dévoile l'avenir, réalisant ainsi l'issue de la guerre et le suicide d'Hitler. Le doute étant permis narrativement parlant, rien ne dévoile la nature réelle de cette vision ; prémonition intradiégétique (s'agissant ainsi donc de son propre suicide) ou extradiégétique (faisant ainsi appel à notre propre connaissance de l'issue de cette guerre, et donc au suicide du Führer).


Pour autant, l'écriture est classique, MacGuffin à la clé. Tournée vers la symbolique du personnage, préférée à celle d'un objet ou d'un concept ; la liberté, la paix, etc. Ici le Macguffin étant Israël lui-même, représentant la figure paternelle.


Le méchant Franz est cruel, sans état d'âme envers ses victimes, prêt à tout pour atteindre ses objectifs. Néanmoins, il n'est pas écrit sans épaisseur, l'inverse serait au mieux convenu, au pire décevant. Aveuglé par ses ambitions, endoctriné par les idéaux fascistes et son rêve de trouver grâce auprès du Führer pour avoir amené l'Allemagne Nazis à "gagner" la guerre grâce à ses monstres.


- Matilde, personnage principal, qui peut invoquer l'électricité, mais ne maitrise pas ses pouvoirs, part à la recherche d'Israël. En perte de repère, elle part dans l'intention de le retrouver, un peu comme un enfant qui perd un parent. C'est la figure insouciante, peureuse et sans confiance en soi.


- Fulvio, l'homme bête, déterminé à survivre, propose de se rendre dans un cirque nazi qui les accueillera et les recevra pour leurs aptitudes. C'est le personnage désabusé, survivaliste, sans foi, qui est prêt à tous pour sauver sa peau, ne comptant que sur sa force pour survivre.


- Cencio, qui peut manipuler les insectes, de caractère râleur, bougon, éternel insatisfait, opportuniste, ne se contentant pas du peu qu'il pourrait déjà avoir.


- Mario, qui est magnétique, est un nain au grand cœur, candide et un bord simplet. Il fait cependant chaud au cœur tant sa sensibilité, son sens de l'amitié et de la famille rend harmonieuse la troupe.


- Israël peut créer de véritables illusions (tangibles), son rôle se cantonne à cette caractéristique propre, enrichie par son humilité et son humanisme... Puisque même à la résolution, sa mort apparaît comme la fin de parcours de nos protagonistes, partant sans ce qu'ils sont venus chercher (Israël bien vivant), mais sortant grandi, enfin adultes :


Matilde a enfin confiance en elle, Fulvio peut enfin compter sur autre chose que sa force et l'utiliser pour protéger les autres plutôt que sa propre personne, Cencio embrasse tout son potentiel (comme Matilde) mais de manière à se satisfaire de ce qu'il a. Il se met même avec Matilde, lui qui était plutôt un coureur de jupon raté. Mario... toujours fidèle à lui-même, cimente le groupe par sa personnalité "magnétique".

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