Take Shelter, un récit épique dramatique.
- Samuel Claeys
- 27 août 2021
- 13 min de lecture
Dernière mise à jour : 6 févr. 2022
Analyse cinématographique
Analyse réalisé dans le cadre du cours de Cinéma du cursus de 1ère Master du cours de Philippe de Pierpont au court de l'année 2021.

Intro
Le récit de Take Shelter à pour particularité visible d'intégrer deux possibilités de lecture en temps réel pour le spectateur qui découvre le film pour la première fois (c’est du moins ce que j’ai pu observé chez mes camarades qui le découvrait pour la première fois)
Le spectateur doit choisir si, selon lui, Curtis est fou, ou s’il a raison. Le problème du personnage (Curtis) devient la question posée au spectateur; doit-il protéger sa famille en consacrant son temps et son argent à perfectionner et agrandir l’abri anti-tornade de son jardin ou doit-il se faire soigner.
Ce sont les deux principaux choix qui seront présentés aux spectateurs jusqu’au climax qui révèlera à tort ou à raison le choix du spectateur. Dans les deux cas présentés, il existe alors deux niveaux de lecture possible, l’une se révèlera fausse en fin de film, et l’autre bonne. Le spectateur sera expectatif sur la conclusion qui sera apportée à l’histoire.
L’une de ses lectures sera de déterminer en temps réel qui sont, selon la situation, ses alliés et ses ennemies, quels sont ses épreuves et ses passages.
Fou... ?
Dans le cas où Curtis serai fou, il possède plusieurs adjuvants (alliés), comme sa femme Samantha, son frère Kyle, son médecin, les psychologues qu’il rencontre. Je ne compte pas son ami et collègue de travail Dewart qui sera plutôt une aide et une épreuve dans l’autre cas de lecture.
...Ou pas ?
Dewart va se révéler être un adjuvant (allié) dans un premier temps dans sa quête pour l’abri anti-tempête et deviendra par la suite un obstacle et à ce titre un opposant (ennemi). Ce qui se révèlera (Spoiler) être la bonne trame de lecture dans sa finalité. Dans ce cas de figure, on pourrait voir Samantha, Kyle, son médecin, ses psychologues comme plein d’opposant malgré eux à sa quête de construire, ou rénover son abri pour protéger sa famille.
L’Arène

Le film commence avec le problème du protagoniste, il a des visions et des rêves étranges. Ce sont les premières images, Curtis qui, on s’en rend compte, voit dans une vision un nuage gris qui se profile à l’horizon et de la pluie d'une couleur étrange qui tombe. Le montage est ici brillant car un fondue auditif se fait entre le son que produit la pluie dans cette vision et le son que produit la douche (c’est un play-in). La rupture visuelle brutale entre les deux situations et la couleur jaunâtre de ladite pluie nous fait supposer qu’il s’agit au mieux d’un rêve au pire d’une vision. Cette supposition est créée par une simple mise en scène et ce qu’on pourrait appeler le hors champ narratif; la mise en scène situe, on suppose, l’action dans une époque contemporaine, dans une banlieue somme toute classique. Comme aucun autre indicateur temporel ou de genre ne nous rattache à quelque chose d'inhabituel ou de fantastique, le spectateur se rattache par défaut à sa connaissance du monde, il sait pertinemment qu’un pluie ne peut pas avoir cette couleur en temps normal. A moins que le récit ne réitère cette mise en scène afin de le poser comme un fait tenant dans la durée ou le temps du récit, il n’attachera cette séquence en rien à une réalité. Quand Curtis arrive au petit déjeuner on apprend qu’il a fait la grasse matinée, on suppose d’autant plus alors qu’il a dû rêvé.
Quelques cuts plus tard, l’objectif insiste bien sur un ciel bien dégagé. Il s’agit en réalité ici d’un play-in qui a pour fonction d'indiquer que le temps et la météo auront une importance dans l’histoire qui nous est racontée.
Tout bêtement, son collègue le charrie sur l’apéro qui pourrait être avancé s’il pleut, signifiant que cette pluie les empêcherait de travailler. Dans les cinq premières minutes du film, l’accent est mis sur la météo, et le spectateur le plus avisé saura qu’il ne s'agit pas là d’un élément anodin.
L'arène nous aura donc présenté son personnage principal, Curtis, son contexte, homme marié, famille moyen Américain de milieu ouvrier avec une petite fille sourde muette et un chien. Globalement, tout est là, l'arène est posée dès les cinq premières minutes.
La scène suivante fait office de play-in, elle nous présente en montage alterné entre les hommes aux boulots et les femmes à la maison en train de bavarder et faire de la couture. Une des femmes voit la petite fille jouer avec une planche en bois avec un clou rouillé dehors, et prend panique. Samantha vient lui retirer la planche et va la placer près d’une pile de décombre (pas loin de l’abri anti-tempête. Ce plan à deux fonctions symboliques; le plan de caméra montre un jardin sans clôture livré à tout danger qui pourrait provenir de l'extérieur. L’amas de décombres symbolise ici les problèmes de cette famille, qui en apparence paraît aller pour le mieux. L’actrice qui joue Samantha s'arrête devant l'air préoccupé par les décombres. C'est un autre pay-in. Elle pose la planche, comme pour mettre la poussière sous le tapis, les problèmes sont là au fond du jardin, sans qu’on ne s’en occupe vraiment. Pour l’instant le spectateur ignore les problèmes vraiment importants de cette famille, il ne peut projeter alors sur cette symbolique que des suppositions.
La pluie tombe (celle-ci est tout à fait normale, contrairement à la vision). Toujours en montage parallèle le chantier en extérieur est arrêté (Dewart avait donc raison), et les femmes rentrent chez elles. La pluie est diluvienne, à l'abri à l’intérieur de la maison Samantha apprend à sa fille de signer la “tempête” en langage des signes (autre play-in important). Les hommes savoure une bière dans la voiture, et Dewart dit à Curtis qu’il a tous d’une vie social réussie; une femme aimante, c’est un homme bon, stable etc. Contrairement à lui-même qui borde l’ivrognerie et qui ne veut même pas rentrer chez lui.
Voilà comment les apparences sont sauvées, en mettant les problèmes sous le tapis. La scène suivante vient réaffirmer ce qui à été dis avec Curtis qui rentre tard chez lui sans se faire engueuler, contrairement à la réaction de la femme de Dewart qui semble blaser par son ivrogne de mari. Ils vont regarder dans le calme et en couple leur fille dormir. On apprend ici que leur fille n’a pas toujours été sourde puisque Samantha à encore le réflexe de chuchoter.
Entrée dans le deuxième acte ?
Samantha demande à Curtis de ranger les décombres au fond du jardin, et plan suivant Curtis s’exécute à la tâche. Mais, il s’agit là d’un nouveau rêve, le second, plus inquiétant que le premier (plutôt calme, et d'exposition) - ici dans son rêve il y’a des éclaires, sa fille vulnérable près du toboggan symbolisant la fragilité de la structure familial, pas prête à affronter une tempête et le chien qui aboie violemment, se détache et s’attaque à Curtis - Cut ! Curtis se réveille (en sursaut) et durant tout le restant de la journée, aura mal au bras (là où le chien la mordue dans son rêve). Ses rêves se mette à empoisonner sa vie quotidienne, car après son réveille il se méfie du chien, qu’il prend pour un danger, au point d’aller acheter plus tard dans le film une clôture pour y enfermer son chien, empêchant par là même sa fille de s’en approcher et de jouer avec. Tous ça sans en parler à sa femme, la relation du couple se complexifie.

Au travaille, il aura pour la première fois une vision qui se confond au réel, voyant une nuée d'oiseaux voler de manière étrange. Nicols trouve le moyen de maintenir le doute par le mis en scène; Dewart, le collègue de Curtis trop occupé à réparer la machine, seul témoin potentiel n’entend ni ne voit ce dont lui parle Curtis, semant d’une nouvelle façon la confusion dans la tête du spectateur. En rentrant du boulot, il oublie d’être à l'heure pour la leçon de cours de langue des signes. Il est encore tous crade revenant de son travaille il n’a pas le temps de prendre une douche pour qu’il puisse tous de suite partir, ce qui complique sa relation avec sa femme qui n’est pas contente sur lui. Mais il parvient à prendre la situation avec humour, et à ramener un peu de gaîté dans la situation.
Troisième rêves, on voit le toboggan du jardin, frêle et fragile face à une violente pluie, cut, Curtis rentre dans sa voiture avec sa fille, (la pluie semble normal ce qui indique au spectateur qu’on serait dans la réalité, mais en fait non) et sur la route le rêve tourne en cauchemar, il a un accident, et rêve qu’on lui enlève sa fille. Inconsciemment son statut protecteur (coucou "Prisoners") est mis en danger. Il a peur de ne pas pouvoir protéger sa fille.
Montage parallèle entre sa femme qui vend au marché, et lui qui construit une clôture autour de la niche de son chien. Curtis voit le débarras du jardin (play-off), mais son attention est attirée vers l’abri anti-tempête qui se trouve à côté, il l’ouvre regarde à l'intérieur, se pose sur le banc plongé à moitié dans la pénombre de l’abri et à moitié dans la lumière extérieure. Il s’y sent en sécurité. On pourrait penser ici que s’achève le 1ère acte, car l’élément principal du récit l’abri anti-tempête s’instaure pleinement dans l’histoire du récit, et Curtis répond à ce qu’on pourrait percevoir comme son “appel de l’aventure”.
Séquence avec les informations à la télévision qui parle d’une fuite de gaz, alimentant sa paranoïa sur les catastrophes qui pourrais venir (son attention est porter sur cette évènement contrairement à sa femme qui prend ses informations avec une certaines distance.) Dégradation progressive de la relation de couple, Curtis n’explique pas pourquoi il a “enfermé” Red (le chien) dehors. Curtis se créer au fur et à mesure un mur en ne mettant pas sa femme (adjuvant) dans la confidence, s’enfermant dans ses problèmes.
Quatrième rêve; Curtis est chez lui et sa fille regarde par la fenêtre, quand il vient l'éloigner il perçoit une personne face à la fenêtre, prend peur, l’orage gronde, la personne tente de forcer la porte, et soudain, surréalisme, les meubles s’extirpe de la gravité dans un étrange ralentie et un effort de Curtis qui résister à l’apesanteur (?) - Curtis se réveille alors ayant uriné dans son lit. Deuxième fois où le rêve impact physiquement sa réalité. La première avec la douleur fantôme produite par la morsure de son chien, et ici la seconde. Les rêves infiltrent son quotidien.
S’inquiétant sur son état, il se rend à la bibliothèque avec sa fille (petit easter egg; il confie au hasard à sa fille un livre sur les dinosaure qui on disparue suite à une catastrophe) - prend des livres sur les maladies mental, à ce moment là du film on ignore encore qu’il à une mère atteinte “schizophrénie paranoïde”. Paradoxalement, il passe au supermarché en revenant acheter des provisions pour son abri. Tirant ainsi sur les deux cordes narratives, alimentant les deux pourtant opposés dans leur objectif final.
Il arrive en retard au repas de famille qui à lieu après la messe, Nicols réalise un brillant champ contre-champ sur Curtis qui se trouve seul isolé dans le plan, face à un contre-champ, qu’on imagine être le point de vu de Curtis, sur le reste de la famille entière réunie dans le même plan. Ajoutez à cela le silence de la famille lorsqu’il dit “envisager de nettoyer l’abri anti-tempête” et vous avez la parfaite illustration de la solitude de Curtis face au monde, et ici même, face à des proches.
Curtis nettoie l’abri et s'isole (encore plus) à l’intérieur pour y lire les livres de la bibliothèque.
A partir de là, il va consulter le médecin, qui lui prescrit des médicaments et lui conseille un excellent psychologue. Heureusement Curtis à une bonne mutuelle grâce à son travaille (play-in), sa femme l’aime, elle veut parti en vacances et le lendemain matin Curtis se réveille sans faire de cauchemar. Tout semble aller pour le mieux …

Mais, Curtis (infecté si on peu dire) continue de se poser des questions sur la survie et semble faire une réaction contre le médicament, ses hallucinations auditives reprennent et il entend l’orage. Comme un rappelle à l’ordre, dans la structure narrative, rebondissement. Il va alors rendre visite à sa mère pour chercher des réponses, où il n’en trouve pas. Cette scène est surtout là pour laisser planer le doute chez le spectateur qui peut être penserait qu’il s’agirait d’une pathologie familiale.
Il fait un prêt d’argent à l’amélioration de l’habitat, hypothéquant par là même la maison, prend d’énorme risque en empruntant des machines de son travail (sans l’accord de son patron) et implique son seul allié dans cette quête folle (Dewart). Sa relation avec sa femme se complique lorsqu’elle voit ce qu’il fait derrière son dos. Il prend plus de médicament, croyant ainsi arranger son cas. Mais le soir même il fait une crise de sommeil, faisant ainsi paniqué sa femme sur son état de santé. Ce soir là Curtis se confie enfin à sa femme sur ses cauchemars, réparant à moitié le tors, mais perd ainsi la confiance de sa femme. Cette discussion rétablira au sein de son couple un semblant de stabilité, étant prévenu de la situation. Et même si les crise de Curtis se calme Samantha fait appel à un autre allié, Kyle, le frère de Curtis pour essayer de le ramener à la raison. Mais la décente au enfer continue pour Curtis qui fait un cauchemar avec sa femme au teint palo, trempé, le regard vide, inquiétante. Et reçoit la visite de son patron le matin, pour lui faire comprendre qu’il est viré de son travail, et avec ça il met en danger son contrat mutuelle, qui était une bonne source de financement pour les frais médicaux pour sa fille. La nouvelle ne passe pas bien, mais face à l’épreuve Samantha choisie de soutenir Curtis en lui conseillant d’aller voir un spécialiste, trouvant l’argent par tous les moyen possible et lui demande de venir au dîner du Lions Club, afin d’avoir un semblant de vie normal dans cette situation trouble.
Le dîner du Lions Club se déroule très mal. Son ex-allié Dewart, qui a lui aussi subi une sanction (moins grave, deux semaines de mise à pied) que Curtis pour avoir emprunté des machines sans autorisation, le provoque en cherchant réparation. Curtis pète un câble, renverse la table et sermonne les gens leur faisant comprendre qu’une grande tempête se prépare sans qu’aucun d’eux n’est prêt. Dans cette scène, le regard de Curtis croise celui de sa fille terrifiée par son père, qui font en larme.
Troisième actes
Cinquième et dernier rêve, toujours auprès de sa fille, Curtis est témoin d’une pluie d’oiseaux noirs, mais son cauchemar se fait interrompre par le bruit de la sirène d’alarme de la ville anti-tempête. La transition audio se fait sentir comme dans un rêve par un élément extérieur qui vient s'immiscer dans le rêve (play-off). Alors que Curtis intègre et entent la sirène au sein même de son rêve (un peu comme le fondue auditif utilisé dès la première scène entre le bruit de la pluie et celle de la douche) c’est alors sa femme qui le réveille dans l’urgence, pour qu’ils puissent tous les trois se mettre à l’abri dans l’abri anti-tempête. C’est là le climax du film car c’est le moment le plus fort du film, l’ultime épreuve; Curtis à l’abri avec sa famille passe certainement la nuit dans l’abri. Mais alors que la tempête semble s’être tassée, Curtis persiste à croire que la tempête gronde dehors. Samantha le met au défi, par amour, c’est à lui d’ouvrir la porte, pour qu’il puisse sortir. C’est le raccord du couple, une confiance mutuelle qui doit se réinstaller. Samantha lui à fait confiance pour l’abri, Curtis doit lui faire confiance pour en sortir. Mais c’est à lui qu’incombe de le faire, une sorte de métaphore matérialité du ventre de la baleine. Tout est perdu. Si Curtis sort alors qu’il à raison, le danger sera présent, mais sa plus grande peur, celle d’avoir eu tort et de comprendre que son comportement était dans l’exagération se trouve derrière cette porte. Comme le chat de Schrödinger, Curtis est face à un dilemme. Mais il dois faire confiance à sa femme. Ils sortent finalement, la tempête est passée sans faire de grand dégât. La caméra affiche un ciel dégagé et ensoleillé. Le spectateur à alors la confirmation que Curtis est fou, voire paranoïaque et pense que c’est là la résolution de l’histoire et de sa morale. L’histoire d’un père de famille obsédé par l’idée de protéger sa famille contre les intempéries, et qu’il doit aller se faire soigner.

Situation final
Curtis se résout à l’évidence, et est près à suivre un traitement psychiatrique, séparé de sa famille. En ultimatum, le spécialiste leur accorde des vacances à la mer en famille.
Seulement, alors que les choses semblent s’être arrangées, et que les lignes narratives semblent s’être jointes. C’est la fille sourde qui le voit en premier, alors qu’ils sont en train de construire un château de sable, symbole de foyer fragile et à la merci de la houle. Elle signe avec ses mains ce qu'elle voit approché (play-off) une tempête. La caméra ne dévoile pas le contre-champ, mais montre Samantha prêt de la fenêtre coulissante, son regard plein de stupeur, et le reflet qui révèle une proéminence à travers les nuages. Une pluie huileuse tombe, contre-champ sur la mer qui dévoile un cyclone. Curtis se précipite près de Samantha avec leur fille dans leur bras.
Prononçant le nom de sa femme d’un air insistant, et la réponse de celle-ci; “Okay”. Twist !

Un héros dramatique ?
Selon moi on peut voir dans la structure du récits des éléments des récits épiques. Sous cette trame de lecture on pourrait voir en Curtis un héros. Pourquoi un héros ? Il ne se comporte pas en héros, ne sauve pas le monde, ne réalise rien de noble pour la collectivité. Il s’agirait selon moi du héros dramatique, car sa motivation est noble, celle de protéger sa famille, mais qui se fait rejeter tellement sa quête semble insensée. Curtis est à la fois le protagoniste, celui qui agit sur la narration, ce sont ses agissements qui provoquent les évènements qui s'ensuivent (son licenciement, la déstabilisation de son couple, sa relation avec son ami etc.) Il est le personnage principal, c’est lui qu’on voit le plus à l’écran. Mais c’est aussi le héros, parce qu’il a le pouvoir, ou la capacité d’agir sur le problème à venir. Le problème étant l'arrivée d’une terrible tempête/cyclone. Par un mauvais coup du sort, Curtis est victime de vision, de rêves et de cauchemars qui le pousse à se préparer au pire. Ce qui n’est le cas d'aucun autre personnage du récit. Même s’il ne partage pas avec les récits épiques, leurs situations sensationnelles, il emprunte involontairement cette ADN. De cette façon, je pense que le premier plan du film sera l’appel de l’aventure, que le héros s’évertue à refuser. Comme un jeu entre le narrateur et le personnage, le récit va faire en sorte que le personnage ait un appel à l’ordre. Ces appels à l'ordre, ce sont ces rêves qui le hantent. Curtis ne possède malheureusement pas de mentor ni d’arme extraordinaire, simplement une sorte de malédiction qui l’empêche de dormir, ce qui se verra bénéfique au final. Mais il verra une séparation (comme la plupart des héros) du fait qu’il s’isole de lui-même, ce qui devient aussi une menace pour lui, celle d’être séparé de sa famille. Son défi devient réalité au moment où ils prennent la décision de lui faire un suivi psychiatrique après le climax du film. C’est la résolution prise dans sa quête quand il est dans le ventre de la baleine, tout est perdu et s’il n’a pas raison, il va devoir suivre l’autre voit.
C’est finalement le twist final qui fera honneur à toute sa quête comme une sorte de récompense à tous ses efforts.
Malgré tout, on ne peut que préconiser que tout cela à pu servir à quelque chose. Car comme à pu me le faire remarquer un camarade, on ne sait pas s' ils auront le temps à la fin de rejoindre l’abri que Curtis a construit. Mais comme la question qui est suspens durant le film n’est pas “Vont-ils s’en sortir” mais plutôt “Est-ce que Curtis a eu raison de se préparer” il est raisonnable, voir judicieux pour le film de couper à ce moment-là.
Conclusion.
Certains auront beau ne pas apprécier cette fin, la trouvant injustifiée, je la trouve géniale, non pas seulement parce que j’aime cette conclusion, mais parce que je la trouve parfaitement justifiée. Car la tempête est plus qu’un simple ressort scénaristique, c’est un symbole. Celui des dangers qui nous guette, et qui risque de nous rendre fou dans la vie de tous les jours. Que cette tempête soit vraie ou non, n’a pas tellement d’importance. Ce qui est important pour moi dans ce film, c’est que la tempête peut arriver à tous moments dans nos vies, et il faut savoir s’y préparer.






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