- Max Winson -
Dernière mise à jour : 1 sept. 2021
- Spoiler -

Dans le second tome de Max Winson (de Jérémie Moreau) « l’échange », la BD prend une nouvelle direction. Max prit de peur par les conséquences de ses victoires prend la fuite et va à la rencontre de Pancho El Gantes, ancien joueur de tennis. Ce dernier apprend à Max comment le tennis peut devenir une « conversation » propice à « l’échange ». Pancho lui présente Pedro un jeune talent avec qui ils échangeront des balles, jouant avec lui et non contre. Ce pacte est scellé par la mort de Pancho peu de temps après leur rencontre, sur lequel s’écoule 6 ans de bonheur durant lesquels tous les jours Max et Pedro échangent des balles et du grand tennis.
Malgré tout, ce doux rêve lui est arraché par M. Tyle, l’ancien manageur de Max, qui perçoit le potentiel, mais surtout le profit qu’il pourra faire à travers Pedro sur le circuit du tennis. Max s’oppose à la décision de Pedro de suivre cette voie, mais cela n’y change rien. Revenu à la réalité, Max déprime à la vision de Pedro exploité pour son talent. Cherchant à rejoindre Pedro, il prend la décision de le faire sur son terrain, celui d’une rencontre lors d’un match pro. Les deux étant invaincus, les spectateurs se concentrent sur la nature écrasante de leurs compétences. C’est finalement un magnifique libre échange d'un grand jeu sans fin que nous livre le duo. Prenant à contrepartie la compétition qui se transforme en conversation comme le veut son origine.
Libre à vous d'accepter l’interprétation analogique que je vais faire suivre, mais j’y vois encore une fois une belle illustration d’assonance divine. Je vois en Max et Pedro le créateur et la créature, et en le tennis la conversation originelle qui les unis. En M.Tyle je vois la scission originelle qui divise le créateur de la créature, l’appâtant dans les réussites victorieuses et illusoires. Finalement Max prend la décision de rejoindre Pedro dans son monde, de la même façon que Dieu à travers Jésus rejoint l’homme, pour revenir rétablir la conversation originelle qui était au départ d’application.
J'aimerais ajouter à cette analyse une complémentarité analogique si vous le voulez bien.
Dans le premier tome de ce diptyque, il est bien insisté sur le fait que le monde économique tourne autour de Max. Il est à l'origine de toute une chaîne économique et de produits dérivés. Il semble être la clé de voûte de cet univers. Manquerait-il plus qu’il disparaisse pour que tout s’effondre, ce qui ne manque pas de faire sans que cela se produise.
Certains « … affirme qu’il y aura un avant et un après Max Winson. » « … Comme il y a eu un avant et après Jésus-Christ » - En effet cette phrase tirée de la fiction elle-même résume bien là ma pensée.
Mais j’aimerais porter votre attention sur un autre phénomène de l’histoire.
Partant à la recherche de Pancho, Max accompagné de "Pia" (j’aime voir en Pia une représentation du St-Esprit) tombe sur un centre d'entraînement de tennis basé sur le mode d'entraînement de Max imposé par son père (biologique, analogiquement j’apparente la paternité de Max à Pancho). Mode d’entraînement monstrueux basé sur une discipline tyrannique visant la « perfection » et « l’efficacité ». Un match à sens unique sur la vision qu’est d'écraser son adversaire. Je vois en cette vision, la vision de la loi religieuse (nécessaire) mais imposée par la Torah. Max choqué par cette vision s’adonne à changer cela. C’est par la suite qu’il trouvera la clé de ce changement avec Pedro au travers de Pancho, mais j’y vois le changement qu’apporte Jésus, changeant la loi censée nous libérer par la conversation avec Dieu.
Je ne vois pas dans cette analyse une propagande prosélytique du message chrétien. Mais je le vois un peu comme le mythe premier qui unifie les pensées culturelles. Ici il s’agirait plus d’un mythe occidental (originellement influencé par le judaïsme, je le rappelle).
Pour terminer cette analyse je laisserai la parole à Pancho qui résume parfaitement toute la portée de son message :
« … Tu peux parler fort, exhiber ton savoir, asséner tes arguments, brandir ta culture mais la conversation est à sens unique et tristement stérile. Au terme de l’échange, tu demeures exactement le même, tu n’as pas évolué d’un pouce. La rencontre n’a pas eu lieu.
Ou bien tu peux laisser l’autre s’exprimer, l’écouter.
Et alors te hisser sur la marche qu’il érige puis en poser une à ton tour. Vois la balle de tennis comme le lien qui te rattache aux autres. Cultive-le tant que tu peux. Ne cherche plus à lutter contre les autres pour être meilleur, Max, mais deviens meilleur grâce à eux. Le tennis est un art. C’est un art de l’échange. »

Réf: «Max Winson» - L'échange (Tome2) Jérémie Moreau - Edition Delcourt.



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